dimanche 28 août 2016

Point lecture: Tombée du Ciel de Cecelia Ahern.

tombée du ciel 02

 Bonjour, Bonjour,

J'espère que vous allez magnifiquement bien ! Aujourd'hui on parle lecture avec un des succès de la romancière irlandaise Cecelia Ahern, Tombée du Ciel, a qui l'on doit également le succès littéraire et cinématographique P.S: I love you.

Peut-on redonner foi en la vie à une personne désespérée qui s'apprête à sauter d'un pont? C'est la délicate mission que s'est donnée Christine l'héroine de notre histoire du jour.

Christine est une coach en recrutement, elle aide des personnes en difficulté à surmonter leur peur et à retrouver du travail. Grande lectrice et fan de livres de développement personnel elle base ses conseils et ses réflexions sur la vie à partir de ces ouvrages. Côté privé, elle est à un tournant de sa vie. Elle réalise qu'elle a épousé un homme qui ne lui correspond plus et décide de le quitter. Elle fait table rase de ce qu'elle a vécu jusqu'ici dans le but de mieux se retrouver.

Un soir, sur le Ha'Penny Bridge à Dublin, elle croise Adam prêt à en finir, il tente de sauter du pont par dépit amoureux. Sa fiancée le trompe, son beau conte de fée s'écroule, sa vie est en train de prendre un tournant qu'il n'est pas encore prêt à admettre. Christine lui propose alors de l'aider. Elle se donne quinze jours pour lui redonner goût à la vie. Au-delà de cette limite, Adam pourra choisir de continuer sa vie ou d'y mettre fin.

"La vie est une succession de moments qui ne cessent de changer, comme les pensées.Parfois ça va, parfois ça ne va pas. Même si c'est dans la nature humaine de ruminer, il ne faut pas se laisser envahir par une pensée négative, parce que les pensées sont comme des invités, ou des amies des bons jours. Sitôt arrivées, certaines peuvent s'évaporer, et même celles que l'on rumine longtemps peuvent disparaître en un instant (...)"

L'histoire commence par un évènement tragique, un fait de société, le suicide, qui aurait pu conduire l'auteur à orienter son discours dans le pathos et la noirceur. Au contraire, Cecelia Ahern nous offre une histoire pleine d'espoir où deux êtres décident de partir ensemble à la quête du bonheur. L'une veut prendre sa vie en main au risque de perdre beaucoup (son mariage, son emploi). L'autre, confronté aux épreuves de la vie, est forcé de faire le deuil de son passé. Deux êtres qui se complètent et qui s'aident finalement mutuellement.

On découvre aussi la tendresse de l'auteur envers ses personnages. Elle leur fait vivre de véritables moments de confidences, de complicités, de petits bonheurs perdus. Le roman se "déguste" avec beaucoup de fluidité et d'humour. Il a également cette particularité où chaque chapitre commence par le titre d'un livre de développement personnel qui rappelle la passion sans égal de Christine pour ce genre de littérature.

Tombée du Ciel est un très joli roman, une chouette histoire positive, qui nous envoie du rêve, c'est le genre d'histoire qui n'arrive que dans les films mais en laquelle on a envie de croire. Un roman qui nous rappelle que finalement peu importe nos problèmes, tout fini par se résoudre.

 

Titre: Tombée du ciel

Auteur: Cecelia Ahern.

Editeur: Editions J'ai Lu.

Pages: 448 p.

Prix: 7€60.

ISBN: 978-2-290-10461-3

Crédit photo - The Lady and the Black Cat - août 2016

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Posté par MamzelleMarie à 23:52 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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dimanche 17 avril 2016

Point lecture: Territoires d'Olivier Norek.

territoires

Bonjour, bonjour,

C'est un point lecture "choc" que je vous propose aujourd'hui consacré au second roman d'Olivier Norek: Territoires.

Olivier Norek est lieutenant de police au SDPJ 93 (Service départemental de la Police judiciaire de Seine-Saint-Denis) depuis quinze ans. Dans Territoires il met en scène les mésaventures du Capitaine Victor Coste et de son équipe.

         |Résumé|

A Malceny, dans le 93, on est habitués aux règlements de comptes. Mais un nouveau prédateur est arrivé en ville et, en quelques jours, les trois plus gros caïds du territoire sont exécutés. Le capitaine Coste et son équipe vont devoir agir vite, car leur nouvel ennemi s'implante comme un virus dans cette ville laissée à l'abandon, qui n'attend qu'un gramme de poudre pour exploser. Une ville où chacun a dû s'adapter pour survivre: des milices occultes surentraînées, des petits retraités dont on devrait se méfier, d'inquiétants criminels de 12 ans, des politiciens aveugles mais consentants, des braqueurs audacieux, des émeutiers que l'Etat contrôle à distance de drone. Et pendant ce temps, doucement, brûle la ville.

          |Ce que j'en pense|

Beaucoup, beaucoup de personnages interviennent et participent à ce chaos: Un chef de bande complètement psychopathe âgé seulement de douze ans, une maire aux méthodes peu scrupuleuses et dangereuses prête à tout pour se faire réélire, des retraités arrondissant leurs fins de mois en planquant de la came dans leurs armoires, des hommes de mains recrutés dans un club de boxe au-delà de tout soupçons. Vous rajoutez à cela des pains de cocaïne et de shit, des valises remplies de billets, des pots de vins, et une cité, emprunt à une guerre de territoire, au bord de l'implosion. Le décor est planté. 

Cette histoire politico-judiciaire ne m'a pas laissé de marbre. Ma lecture a été plusieurs fois perturbée par le réalisme employé par l'auteur. J'ai eu le sentiment d'être plongée au coeur même d'un documentaire, parfois trash, violent (âmes sensibles s'abstenir). Il est évident qu'Olivier Norek maîtrise parfaitement son sujet, et qu'il a certainement fait appel à ce qu'il a vécu sur le terrain. C'est fort, parfois angoissant et terrifiant (je pense notamment aux méthodes d'intimidation employée par le jeune Bibz...). Pour appuyer un peu plus son discours l'auteur n'hésite pas à nous rappeler quelques faits d'actualités, notamment les émeutes de Clichy-sous-bois de 2005 qui avaient enflammé peu à peu les banlieues françaises. Même le cas Léonarda apparaît très succinctement entre deux paragraphes.

On est projeté au coeur même d'une cité en pleine ébullition, au coeur même d'un conflit qui nous échappe, dans le quotidien des caïds mais aussi des flics qui essaient de concilier travail et vie personnelle. Tout cela sur fond d'enquête policière.

Je ne suis pas sortie indemne de ma lecture. Entre adrénaline, violence, plongée au coeur même de cette cité qui s'embrase, j'ai eu peur, comme si les flammes pouvaient moi aussi m'atteindre. On a beau être juste "spectateur" de la scène on arrive presque à toucher ses personnages, surtout en pleines émeutes, on est aveuglés parce qu'il se déroule sous nos yeux et presque sourds aux bruits des grenades lacrymo...

Une immersion très sombre au coeur même d'une cité imaginée par l'auteur mais aussi au coeur même du système. S'il y a au moins 50% de chances que les évènements soient réels alors c'est terrifiant ...

-Bonne Lecture-

Titre: Territoires

Auteur: Olivier Norek.

Editeur: Pocket.

Pages: 375 p.

Prix: 7€40.

ISBN: 978-2-266-252-782

crédit photo: TheLadyandtheBlackCat.

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lundi 28 mars 2016

Point lecture: Glacé de Bernard Minier.

glacé 2

Bonjour, Bonjour,

J'espère que vous allez merveilleusement bien. C'est un point lecture très froid et gelé que je vous propose aujourd'hui. Préparez la boisson chaude, la bouillotte et la couverture pilou pilou, c'est parti (brrrr !!).

Je viens tout juste de terminer le premier roman de Bernard Minier, Glacé, sorti en 2011, très grand succès en librairie, il a été récompensé à maintes reprises par de nombreux prix littéraires dont le prix du Polar du Festival de Cognac (s'il vous plaît).

          - Résumé -

L'histoire débute dans une vallée encaissée des Pyrénéens, au petit matin dans les hauteurs d'une centrale hydroélectrique. On y découvre le corps décapité et dépecé d'un cheval, accroché à une falaise à plus de 2000m d'altitude. Le commandant Martin Servaz, personnage solitaire, la quarantaine, mal ancré dans la société actuelle, est dépêché sur place pour enquêter. Pourquoi faire venir la criminelle pour le meurtre d'un cheval ? Cet animal n'appartient pas à n'importe qui, il s'agit de Freedom, un jeune étalon, propriété d'Eric Lombard, héritier d'une dynastie de financiers, de capitaines d'industries et d'entrepreneurs. L'affaire s'annonce délicate, personne n'a rien vu, pas même les vigiles chargés de la sécurité de la centrale. Servaz s'entoure alors de son second, Vincent Esperandieu, du Capitaine Irène Ziegler, et de la jeune flic Samira Cheung. Tout les quatre vont devoir faire face à l'enquête la plus bizarre de leur carrière. Fait troublant, de l'ADN humain va être retrouvé sur la dépouille de cette pauvre bête. L'ADN d'un homme extrêmement dangereux, arrêté quelques mois plus tôt, le serial Killer Julian Hirtmann, qui purge sa peine dans un hôpital psychiatrique, l'Institut Wargnier, hôpital de haute sécurité où sont enfermés les plus grand psychopathes et schizophrènes d'Europe.

Au même moment, la suissesse Diane Berg, fraîchement diplômée en psychologie s'apprête à faire ses premiers pas en tant que psychologue à l'Institut Wargnier. Elle est très loin de s'imaginer l'univers dans lequel elle va être immergée, de plein fouet, elle va cotoyer des fous, mais pas nécessairement ceux auxquels elle croit.

          - Ce que j'en pense -

C'est à croire que les paysages enneigés, glacés et les hôpitaux psychiatriques font travailler au plus haut point l'imagination fertile des auteurs (cf: Puzzle de Franck Thilliez). C'est un vrai terrain de jeu et c'est le cas ici. Bernard Minier tricote tranquillement son polar grâce à deux histoires parallèles: celle de Servaz et de son équipe, et celle de la jeune psychologue Diane Berg. Même si les deux histoires semblent au départ indépendantes l'une de l'autre, l'auteur choisit de les alterner à des moments cruciaux pour ainsi permettre au lecteur de faire sa propre analyse, sa propre enquête, sauf que ... c'est peine perdue, l'auteur nous ballade. A dévorer mon livre j'ai été essoufflé par certains passages, et pensant pouvoir me poser un peu l'esprit, j'ai été surprise par certains rebondissements  (du genre "Naaaaaan pas posssiiiiibleuh !!").

Beaucoup de personnages s'entremêlent, voir s'entrechoquent. Les crimes s'accentuent. D'ailleurs comment les résoudre? On croit tenir une piste et elle nous échappe. Comment comprendre ces crimes? Comment les envisager? Quelles sont les motivations du ou des assassins? Quel est le but de ces meurtres? Vengeance? Folie meurtrière? la réponse se trouve-t'elle derrière les murs de l'institut wargnier? ou dans la vallée? Bref beaucoup de questions auxquelles les enquêteurs doivent faire face...

          - Minier inspiré par les grands classiques du genre ? -

Au fil de ma lecture et à chaque fois que je lis un polar j'ai tendance à faire des comparaisons avec d'autres références littéraires ou cinématographiques.

  |Les rivières pourpres - Jean-Christophe Grangé|

Comment ne pas penser aux Rivières Pourpres. Les décors sont similaires, ces grands décors de montagnes aux cimes enneigées, ces tempêtes de neige, cette glace, ce froid, cette vallée énigmatique. Tout cela renforce un peu plus cette impression de huis-clos, d'étouffements et de voie sans issue. Le meurtre du cheval retrouvé à 2000 m d'altitude n'est pas sans rappeler celui de Rémy Caillois des Rivières Pourpres, où il est retrouvé nu, pendu et encastré dans une falaise.

   |Le Silence des Agneaux|

Cette scène du livre où la jeune Diane Berg, qui mène sa propre enquête à l'intérieur même de l'institut,  se retrouve confrontée au psychopathe Julian Hirtmann, la référence est évidente pour moi et me rappelle fortement la scène entre Hannibal Lecter et la jeune psychiatre Clarice Starling. Dans cette scène on ressent une grande tension, Diane est en recherche de réponses et elle ne peut les obtenir qu'en interrogeant ce prédateur. C'est pour lui une partie de plaisir et il ne va pas hésiter à la tester en la déstabilisant, en la fragilisant et en la forçant à sortir de sa zone de confort. De même Julian Hirtmann est un grand adepte de musique classique, comme Hannibal Lecter ...

Bien d'autres références peuvent s'appliquer (Shutter Island, Gothika, etc.). Je vous laisse juge en vous suggérant très fortement cette lecture, surtout si vous aimez les thrillers un peu dérangés. Bernard Minier ne s'est pas arrêté en si bon chemin puisqu'il a confié une seconde enquête à son personnage "star" Servaz dans son second roman intitulé Le Cercle et parut en 2012.

Paraît-il que Glacé ferait l'objet d'une adaptation cinématographique ou télévisuelle. Si vous avez plus d'infos je suis preneuse.

En attendant bonne lecture,

Titre: Glacé

Auteur: Bernard Minier

Editeur: Pocket

Publication: mai 2012 (pour la version poche)

Pages: 720 p.

Prix: 8€50.

ISBN: 978-2-266-21997-6.

jeudi 18 février 2016

Point Lecture: Puzzle de Franck Thilliez.

puzzle

Bonjour, Bonjour,

Le point lecture du jour est consacré au thriller de Franck Thilliez intitulé Puzzle. Cet auteur est pour moi une très belle découverte puisque c'est la première fois que je fais connaissance avec son style, avec sa plume. J'ai donc profité des mes cinq longues heures de train reliant Tours à Toulouse pour entamer et finir ma lecture.

          |Résumé|

Ilan et Chloe sont spécialistes des chasses au trésor. Longtemps, ils ont rêvé de participer au jeu ultime, celui dont on ne connaît que le nom: Paranoïa. Le jour venu, ils reçoivent la règle numéro 1: Quoi qu'il arrive, rien de ce que vous allez vivre n'est la réalité. Il s'agit d'un jeu. Suivie, un peu plus tard, de la règle numéro 2: l'un d'entre vous va mourir. Et quand les joueurs trouvent un premier cadavre, jeu et réalité commencent à se confondre. Paranoïa peut alors réellement commencer ...

          |Mon avis|

Au commencement nous avons Lucas Charbon, patient atteint de psychose, enfermé dans un hôpital psychiatrique pour meurtre. Il s'apprête à faire d'étranges révélations à la psychiatre Sandy Cléor sur ce qui l'a conduit dans cet établissement de fou.

Parallèlement nous faisons la connaissance d'Ilan Dedisset, un fan de jeux vidéos et employé travaillant de nuit dans une station service. Il est resté très perturbé par la mort de ses parents et tente de se reconstruire et de reprendre goût à la vie jusqu'à ce que son ancienne petite amie le contacte pour entamer une chasse au trésor du nom de Paranoïa. D'abord hésitant, Ilan finit par accepter de participer à ce jeu hors norme. Tout deux passent les différents tests psychologiques et finissent par faire partie des huit candidats sélectionnés pour le jeu.

Dès lors les huit participants se retrouvent de leur plein gré, enfermés dans un hôpital psychiatrique désaffecté, en pleine montagne et de surcroît en pleine tempête de neige. Ils sont coupés du monde, sous le joug d'un maître de jeu nommé Hadès, un nom et une référence non négligeable qui renvoit directement à l'Enfer de la Divine Comédie de Dante.

C'est un huis-clos qui s'installe où les candidats doivent élucider des énigmes tout en parcourant les longs couloirs de cet hopital au passé trouble. 300 000€ sont en jeu, c'est donc chacun pour soi. Mais le lieu cache ses secrets, son passé, ses cadavres. Ils sont huit au départ mais plus pour longtemps. Les participants disparaissent les uns après les autres et s'il y avait un tueur avec eux ? ou parmi eux ?

Lucas Charbon et Ilan Dedisset seraient-ils liés? par un même passé? par une même histoire ? par un même drame ?

La première partie du livre, avant l'entrée dans le jeu, ne m'a pas parût totalement indispensable (quoique très bien écrite). Mais c'est véritablement au commencement du jeu que j'ai eu cette impression d'immersion totale dans l'histoire comme si j'étais moi-même la neuvième candidate. Durant ma lecture j'ai lutté pour ne pas me laisser embarquer par les fausses pistes, les faux amis, les fausses révélations, mais faut-il encore pouvoir les décrypter. J'avais beau relever les indices, revenir en arrière dans ma lecture, j'ai dû renoncer et me laissé guider par l'auteur.

Car oui l'auteur ne laisse aucun répit à son lecteur, nous sommes totalement immergés et absorbés par l'histoire, comme si on pouvait presque toucher les personnages. Franck Thilliez utilise ce personnage d'Ilan comme un pantin qui nous balade au fil des pages et au fil de l'intrigue. Nous sommes obligés de le suivre, il nous sert de guide, mais peut-on réellement faire confiance à un homme qui est lui-même perdu dans les méandres de ses propres angoisses, parfois sain d'esprit parfois fou.

Si on rajoute à tout cela un décor angoissant, pas franchement cosy mais sombre, sale, froid et glacial. La notion de huis-clos est renforcé par cette neige épaisse qui tombe sans cesse en abondance, ces couloirs sans fin et ses pièces terrifiantes (électrochocs, lobotomie).

Au cours de ma lecture, beaucoup de références cinématographiques me sont revenues en mémoire. Il serait difficile de vous en parler sans prendre le risque de vous spoiler l'intrigue, le dénouement. Car oui cette fin incroyable a laquelle on ne s'attend pas, on l'envisage, on l'imagine tout au long de notre lecture, on essaie aussi d'anticiper la fuite d'Ilan, comment peut-il se sortir de ce cauchemar? Mais c'est sans compter sur l'imagination débordante de l'auteur.

Puzzle est un véritable casse-tête littéraire au scénario complexe. Une fois ma lecture terminée, c'est en fermant mon livre que je me suis surprise à dire "Ah ouais quand même !!"...

Titre: Puzzle

Auteur: Franck Thilliez

Editeur: Fleuve Editions

Publication: octobre 2013

Pages: 430 p.

Prix: 20€90.

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samedi 30 janvier 2016

Point lecture: Check Point de Jean-Christophe Rufin.

check point

Mon premier point de lecture de l'année est consacré au dernier roman de Jean-Christophe Rufin, un roman sur lequel je "louchais" depuis un moment et que j'ai eu un mal de chien à finir, pas à cause de la qualité du livre, mais par manque de temps. Je l'ai désormais terminé et j'ai plutôt apprécié ma lecture je m'en vais donc vous débriefer tout ça !!

          |Résumé|

Maud, vingt et un an, cache sa beauté et ses idéaux derrière de vilaines lunettes. Elle s'engage dans une ONG et se retrouve au volant d'un quinze tonnes sur les routes de la Bosnie en guerre. Les quatre hommes qui l'accompagnent dans ce convoi sont bien différents de l'image habituelle des volontaires humanitaires.

Dans ce quotidien de machisme, Maud réussira malgré tout à se placer au centre du jeu. Un à un, ses compagnons vont lui révéler les blessures secrètes de leur existence. Et la véritable nature de leur chargement.

          |Mon avis|

Au centre de cette histoire, une protagoniste importante, une jeune fille, Maud, mal dans sa peau, et qui pour trouver un sens à sa vie se lance dans l'humanitaire. Elle participe à un convoi, de deux camions, chargé de distribuer denrées alimentaires et médicaments à la population isolée par la guerre, en pleine Bosnie centrale, en 1995 ... Sa féminité semble se résumer uniquement à son prénom, elle fait tout pour que les hommes ne la remarque pas. Cheveux courts, grosses lunettes, vêtements larges, elle veut se protéger pour ne pas affronter le regard des hommes. C'est pourtant sa féminité, sa douceur et sa naïveté qui va complètement contraster avec les quatre garçons qui vont l'accompagner durant cette aventure. Elle va en effet se retrouver face à un véritable combat de coq, la tension est palpable au quotidien, les quatre hommes ne s'entendent et ne se supportent pas, en compétition continue, ils vont même jusqu'à se battre entre eux, alors qu'ils sont déjà en zone de combat.

Le livre est constitué de plusieurs parties. J'avoue m'être un peu ennuyée durant la première. La mise en place est un peu longue. On fait connaissance avec les quatre hommes, leur psychologie et leurs motivations à être présents sur cette zone de guerre, tout cela par l'intermédiaire des confessions qu'ils font à Maud. On apprend aussi le quotidien et les angoisses que connaissent les volontaires sur le terrain. L'angoisse d'être tué, l'angoisse à l'approche des fameux "check point", ces points de contrôles tenus désormais par des milices armées jusqu'aux dents. Il faut savoir négocier,  et connaître la langue du pays pour passer sans encombre. Le danger est partout, avec ses risques d'embuscades, ses ruines, ses dommages collatéraux, ses traites, ses charniers.

Mais l'allusion à la guerre de Bosnie s'arrête là. En réalité on a affaire à un véritable huis clos entre ses cinq personnages. L'action commence véritablement à prendre forme à partir de la seconde partie, et c'est à ce moment que j'ai absolument dévoré mon livre tellement l'action me tenait. Au cours du périple le groupe va se scinder en deux, car le convoi ne transporte pas uniquement de l'alimentation et des médicaments mais bien des explosifs. Par amour d'un des garçons, Maud va choisir de participer au vol du camion qui contient ses explosifs et partir avec lui dans les montagnes bosniaques afin de fournir les armes pour aider le pays à sortir du conflit. Ils se retrouvent tous deux seuls, avec pour avenir les montagnes à traverser et le climat pas toujours amical, (difficile d'avancer sous des rafales de neige), mais poursuivis aussi par leurs anciens camarades qui souhaitent récupérer la marchandise (sans compter accessoirement les quelques milices qui traînent et qui peuvent les tuer à tous moment).

Ce qui a été particulièrement agréable dans cet ouvrage, c'est la fluidité de l'écriture. J'ai pas vraiment eu l'impression de lire un roman mais plutôt de voir un film. Le décor était parfaitement planté dans mon esprit, tout était limpide. On pourrait même penser qu'il a été écrit comme une sorte de "road movie", je ne sais pas si le terme peut s'accorder à la littérature, mais on peut appeler cela un "road novel" (??)... Je m'attendais par contre à un peu plus d'anecdotes historiques sur la guerre de Bosnie, mais ce n'est pas la motivation de ce roman, très proche aussi du thriller psychologique ...

Titre: Check Point

Auteur: Jean-Christophe Rufin

Éditeur: Gallimard.

Publication: mars 2015.

Pages: 390.

Prix: 21€.

 

Pas de billets la semaine prochaine, vacances obligent et j'ai comme une envie de me déconnecter du monde virtuel pendant quelques jours. Mais cela ne doit pas vous empêcher de laisser quelques mots si ça vous dit, je me ferais un plaisir de vous répondre à mon retour.

Tchuss ...

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mercredi 3 juin 2015

Point lecture: L'amour et les forêts d'Eric Reinhardt.

Ma parenthèse lecture d'aujourd'hui est consacrée au dernier roman d'Éric Reinhardt L'amour et les forêts paru dans la collection Blanche de Gallimard au mois d'août 2014. Pour ce roman Éric Reinhardt a obtenu plusieurs distinctions dont le prix Renaudot des lycéens 2014, le prix du roman France Télévision 2014 et le prix des étudiants France Culture - Télérama 2015.

L'amour et les forets

 

 

Résumé (extrait du quatrième de couverture):

          "A l'origine, Bénédicte Ombredanne avait voulu le rencontrer pour lui dire combien son dernier livre avait changer sa vie. Une vie sur laquelle elle fit bientôt des confidences à l'écrivain, l'entrainant dans sa détresse lui racontant une folle journée de rébellion vécue deux ans plus tôt, en réaction  au harcèlement continuel de son mari. La plus belle journée de toute son existence mais aussi le début de sa perte (...)."

Je suis tentée de vous dire que cet ouvrage se décline en plusieurs points. Au commencement il y a cette rencontre entre Éric Reinhardt et une fidèle lectrice et admiratrice, répondant au nom de Bénédicte Ombredanne. Elle est professeur, agrégée de lettres, âgée de 36 ans, mariée deux enfants. Plusieurs échanges de mail tout d'abord vont conduire à une première rencontre dans un café. Ce qui n'est au départ qu'une rencontre littéraire va se transformer en véritable confidence. Bénédicte va se laisser aller à des confessions très personnelles sur sa vie privée et surtout sur la relation qu'elle entretient avec son mari et l'emprise psychologique qu'il exerce sur elle.

Bénédicte prend donc la parole, comme un roman dans un roman. La relation houleuse qu'elle et son mari entretiennent constitue la partie centrale du roman. Un soir, alors qu'elle rentre du travail, elle retrouve son mari prostré dans la chambre conjugale. Son attitude fait peur aux deux enfants. Bénédicte cherche à savoir ce qui le met dans un tel état, et il aura du mal à "cracher le morceau". Il a comme une sorte de crise "autiste", il est dans sa bulle, en larmes sans rien vouloir savoir de l'extérieur. Il semble avoir vécu un choc très violent. En réalité il a une prise de conscience, celle-ci intervient après l'écoute d'une émission à la radio concernant les manipulateurs et harceleurs psychologiques. Il réalise qu'il est de ceux-là et il prend conscience du comportement qu'il a envers sa femme. C'est un déclic pour lui mais aussi pour elle. Ils se sont tous deux enfermés dans une relation malsaine faite de violence psychologique et conjugale. Lui le manipulateur, elle la manipulé... Face à cette confession elle se rend compte alors qu'elle est en train de passer à côté de sa vie de femme et comme pour se donner une chance de reprendre sa vie en main elle se rend sur le site de rencontre Meetic afin de peut-être faire une rencontre ou LA rencontre qui bouleversera le cours de sa vie. Au fil des recherches et des discussions le courant fini par passer avec un des internautes. Celui-ci n'a rien de commun avec les autres interlocuteurs du site. Il est juste là pour parler, échanger des mots, des pensées, il est poli, aimable et surtout il l'a respecte. C'est lui qu'elle choisit le temps d'une journée, pour oublier son quotidien, pour s'évader ...

Bénédicte se lance alors dans le récit émouvant de sa merveilleuse journée avec ce bel inconnu, nommé Christian, un antiquaire, qu'il l'accueille dans sa belle maison à l'orée d'une forêt et qui lui propose avant tout de l'initier au tir à l'arc. C'est le début de l'enfer pour Bénédicte, elle vient d'enclencher une machine infernale qu'elle ne pourra pas contrôler. Son mari va finir apprendre son écart de conduite ... La suite je vous laisse la découvrir (j'en ai déjà beaucoup trop dit).

Éric Reinhardt nous propose ici une sorte d'auto-roman, dans lequel il s'insère, à l'écriture impeccable, au style et au vocabulaire parfaitement maitrisé, même si parfois "cru" (descriptif des scènes d'amour, des violences psychologiques, des différents échanges sur Meetic, etc.). Il choisi d'évoquer un sujet quelques peu tabou, la violence conjugale. Personnellement la relation de cette femme avec son mari a fini par m'oppresser. Comment faire face à un manipulateur psychologique ? Comment un être humain peut anéantir une personnalité à ce point? Au fil du livre on a affaire à une héroïne qui se perd peu à peu dans ses contradictions. J'ai souvent eu envie de secouer Bénédicte !! "Mais réponds lui !!" "fais ta valise !!! ", elle a tellement eu d'occasions pour partir. Mais il y a les enfants, son mari la menace et surtout personne autour d'elle est au courant de ce qu'elle vit. J'avoue que ce roman m'a bousculé, m'a émue, m' a stupéfié. Je suis heureuse de l'avoir fini c'est comme si maintenant je pouvais respirer, comme si j'avais vécu une grande partie de ma lecture en apnée.

Ce roman est aussi un hommage à l'écriture. Par l'intermédiaire de son personnage, Éric Reinhardt nous prouve à quel point l'écriture est un don de soi et peut soigner tous les maux. Bénédicte soulage son mal être que par l'écriture, comme si elle osait vivre la vie qu'elle aurait souhaité.

"Quel bonheur que d'écrire, quel bonheur que de pouvoir, la nuit,souvent la nuit, s'introduire en soi et dépeindre ce qu'on y voit, ce qu'on y sent, ce qu'on entend que murmurent les souvenirs, la nostalgie ou le besoin de retrouver intacte sa propre grâce évanouie, évanouie dans la réalité mais bien vivante au fond de soi..."

- Bonne Lecture -

L'amour et les forêts, Eric Reinhardt, coll. Blanche, Gallimard.

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