dimanche 30 août 2015

Point lecture: Une pluie sans fin de Michael Farris Smith.

une pluie sans fin

 

Chers lecteurs et lectrices je constate avec effroi que j'ai cumulé un léger retard dans mes petites revues littéraires. Je m'en vais corriger tout ça en vous parlant aujourd'hui du premier roman de Michael Farris-Smith: Une pluie sans fin.

C'est un roman post-apocalyptique parut aux éditions Super 8 et sorti en mai 2015.

Résumé: "L'ouragan Katrina n'était qu'un signe avant-coureur; après des années de catastrophes écologiques, le sud des États-Unis, de l'Alabama au Texas, s'apparente désormais à un véritable no man's land. Plutôt que de reconstruire sans cesse, le gouvernement a tracé une frontière et ordonné l'évacuation de la zone. Le sud de la limite est devenu une terre de non-droit ravagée en permanence par les tempêtes et les orages diluviens. Un royaume sans électricité, sans ressources et sans lois(...)."

D'un côté nous avons le personnage principal, Cohen, une sorte d'anti-héros isolé, qui a choisi de vivre au sud de la limite dans ce qui reste de la maison qu'il a construit avec sa femme. Il vit seul avec son chien et son cheval, seul face à ses vieux souvenirs qui le hantent et à la mémoire de celle qu'il n'a pas pu sauver (sa femme et l'enfant qu'elle portait).

De l'autre, on a une colonie de survivants menée par un fanatique: Aggie. Il se prend pour un prêcheur en récitant de nombreux versets de la Bible et prend son rôle tellement au sérieux qu'il s'improvise dans le rôle de Dieu en décidant de qui doit vivre ou mourir. Il "Chasse" les couples encore présents dans la zone, leur promet protection et travail, zigouille les maris et retient en otage les femmes afin qu'elles deviennent ses "ventres" puisqu'il les viole avec ses sbires pour repeupler la zone.

C'est une zone sans foi ni loi, ou toute forme de civilisation s'est complètement effondrée. Tout est pillé, maisons, casinos, supermarchés, l'appât du gain règne en maître (il parait que les casinos ont enterré leurs butins ... là ... Quelque part). Certains sont prêts à tuer pour une simple bouchée de pain ou à échanger la vie d'autrui contre un peu de gasoil. La nature a tout dévasté sur son passage, les seuls humains qui ont décidé de rester sont face à eux-même, face aux éléments, face à une nature humaine en perdition. Chacun réagit à la survie selon sa nature et franchement c'est pas joli-joli !!

Cohen, lui, cherche à s'en sortir, à rester en vie le plus longtemps possible mais ... dans la zone sinistrée car c'est ce qui lui permet de rester en "contact" avec sa femme disparue, par les objets, par les photos, par la maison, par les vêtements. Il s'enfonce peu à peu dans le regret, et c'est par un concours de circonstances qu'il va découvrir les magouilles d'Aggie et qu'il décide de sauver les femmes et les enfants qui sont retenus en otage et pourquoi pas finalement, de franchir la limite pour retrouver un semblant d'humanité et de vie.

Cette limite justement, une sorte de terre promise ou la civilisation existe encore (soi-disant). Mais qu'es-ce qui attend vraiment notre héros? Qui y'a t'il au-delà de cette frontière? Une vie meilleure est-elle encore possible dans une société qui a explosé?

          - Les comparaisons possibles -

A la lecture du roman je n'ai pas pu m'empêcher de faire quelques comparaisons telles que:

   . Mad Max .

Le personnage de Cohen renvoie à Max. Tous deux ont perdu femmes et enfants. Tous deux se retrouvent confronté à une société qui sombre dans le chaos. Tous deux sont seuls face au souvenir de ceux qu'ils n'ont pas pu sauver.

Le personnage d'Aggie peut faire référence à Immortoan Joe (Mad Max Fury Road). En effet ils ont les mêmes pratiques, ils utilisent les femmes comme "ventres" pour perdurer une humanité complètement désaxée et sans repères sains.

immortoan joe

Immortoan Joe ... Un homme fort sympathique ( ou pas).

   . The Walking Dead .

Étant une grande fan de la série certains points de comparaison m'ont sauté aux yeux:

Le personnage de Cohen peut se rapprocher de celui de Rick. Un héros, seul, isolé de tous qui tente de survivre malgré l'apocalypse.

L'aspect survie: Oui parce que c'est déjà pas facile facile de survivre à une horde de zombie ou à un ouragan dévastateur qu'il faut en plus se méfier des humains qui restent et qui rôdent aux alentours !!!

Le pillage des maisons, la recherche de nourriture, la loi du plus fort  constituent aussi de très bons points communs! Pour instaurer une communauté il faut savoir faire confiance à ceux que nous rencontrons, pas toujours évident quand les lois de la civilisation ont disparu et que la nature humaine montre son côté le plus sombre.

Walking Dead - trailer saison 1

          - Ce que j'en ai vraiment pensé -

Certains comparent le roman à du Faulkner, je n'irais pas jusque là ! Le style est plus que correct, mais honnêtement je me suis ennuyée durant une bonne partie du livre. L'histoire a du potentiel, et l'idée est juste génialissime, c'est d'ailleurs ce qui a convaincu ma lecture mais je m'attendais à plus d'actions, de tensions, de rebondissements et à plusieurs reprises j'ai eu l'impression que l'auteur tournait un peu en rond. Ce n'est qu'à la fin que j'ai vraiment apprécié le rythme de l'histoire comme si l'auteur commençait vraiment à exploiter son sujet.

C'est aussi un roman que l'on peut considérer comme écolo, puisqu'il a le rôle de nous faire prendre conscience des dangers du réchauffement climatique et de ce que la nature humaine est capable d'accomplir de pire. Franchement j'espère que ce n'est pas un roman "prémonitoire" sinon on est mal les enfants !!!

Sommes-nous, au final, une espèce en voie de disparition ? A méditer ...

Bonne lecture.

Une pluie sans fin de Michael Farris Smith, Super 8 éditions, 443 p. 20€.