The Lady and The Black Cat

dimanche 16 avril 2017

Pause Lecture: Amelia de Kimberly McCreight.

Amélia

 

La pause lecture du jour est consacrée au tout premier et très réussi roman de Kimberly McCreight, Amelia, un prénom simple qui cache un thriller addictif et passionnant.

           - Résumé -

A New York, Kate élève seule sa fille de quinze ans, Amelia. Très proches, elles n'ont pas de secrets l'une pour l'autre. Jusqu'à ce matin d'octobre, où elle reçoit un appel du lycée qui lui demande de venir de toute urgence. Elle ne reverra plus jamais Amelia: celle-ci a sauté du toit de l'établissement.  Rongée par le chagrin, Kate plonge dans le désespoir et l'incompréhension. Pourquoi une adolescente en apparence si épanouie s'est-elle donné la mort? Mais un jour, Kate reçoit un message anonyme qui remet tout en question: " Amelia n'a pas sauté." Obsédée par cette révélation, elle s'immisce dans la vie privée de sa fille et découvre, à travers les réseaux sociaux, les mails et les sms d'Amelia, une réalité terrible, un véritable monde parallèle qu'elle n'aurait jamais pu imaginer.

          - Ce que j'en pense -

Kimberly McCreight développe son histoire à travers deux points de vue, une sorte de thriller à deux voix, sous forme de journal intime.

D'un côté, le discours de Kate, la mère, s'inscrit dans le présent, il nous permet d'assister à l'annonce du décès d'Amélia et à l'enquête qui en résulte. On se retrouve confronté au fil des pages à l'incompréhension de cette mère face au suicide suspect de sa fille. Non satisfaite du travail de la police, kate va se lancer elle-même dans une investigation qui lui permet de faire son deuil et de s'éloigner de ce sentiment de culpabilité qui la ronge. Culpabilité d'une mère bien trop souvent absente et absorbée par son métier.

De l'autre, on retrouve le récit d'Amelia, le témoignage d'une morte profondément ancré dans le passé. Il nous permet de mieux comprendre les derniers jours de la jeune fille. Une fille brillante et intelligente qui par amour va entrer dans une fraternité et se laisser emporter par ces dérives. Le début du cauchemar pour Amelia.

Dès les premières pages on comprend que cette version du suicide est un peu trop "facile". C'est pourtant une solution qui semble convenir à beaucoup de protagonistes, la police en tête de liste. Seule la détermination de Kate va relancer l'enquête. En tant que lecteur on est tenté d'élaborer des théories, de suivre des pistes, de vouloir trouver le coupable avant de connaître le dénouement (petit défi personnel à chaque fois que j'entame un polar) mais c'est sans compter sur l'imagination fertile de l'auteur qui s'amuse à nous perdre un peu plus à chaque page.

Amelia est un thriller à plusieurs visages où de nombreux thèmes sont évoqués: la perte d'un enfant, le deuil d'une mère, le manque et la culpabilité, les dérives du harcèlement scolaire, l'adolescence, l'amitié et ses trahisons, la pression scolaire, l'engrenage des réseaux sociaux et des blogs. Des thèmes actuels qui inscrivent le roman dans l'air du temps. Il dénonce aussi l'adolescence et ses tourments, ce mal être invisible dont les parents, même s'ils en ont fait l'expérience, ignorent le plus souvent l'existence chez leurs enfants.

Auteur: Kimberly McCreight

Editeur: Livre de poche

Genre: thriller

Parution: août 2016

Pages: 570.

ISBN: 9782253095095.

Prix: 8,60€.

Crédit photo couv - The Lady and the Black Cat - Avril 2017.

Posté par MamzelleMarie à 22:29 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , ,


samedi 4 mars 2017

Point Lecture: L'homme qui voyait à travers les visages d'Eric-Emmanuel Schmitt.

DSCN7825

Qui parle en nous quand nous parlons?

Peut-être nous ... Peut-être nos parents ...

Peut-être la société ... Peut-être Dieu ...

Sommes-nous l'auteur de nos actes?

L'auteur de notre vie?

Arriverons-nous jamais à la vraie liberté?

- Eric-Emmanuel Schmitt -

 

C'est par cette citation que j'ai choisi de commencer ma petite "chronique littéraire" du jour, consacrée à un auteur que j'affectionne tout particulièrement, Monsieur Eric-Emmanuel Schmitt et à son dernier ouvrage L'homme qui voyait à travers les visages, livre que j'avais déjà succinctement évoqué ici. Cette citation est directement extraite du livre qui nous intéresse aujourd'hui et qui résume assez bien les questionnements soulevés par l'auteur dans ce roman.

          - Résumé -

Une vague d'attentat ensanglante Charleroi. Morts et blessés s'accumulent. On soupçonne des mobiles religieux sous ces actes radicaux. Augustin, jeune stagiaire au journal local, se trouve pris, malgré lui, au coeur des évènements. Pour prouver qu'il n'est pas l'idiot que tout le monde croit, il mène son enquête. Pour cela, il possède un don unique: il voit à travers les visages, percevant autour de chaque personne les êtres minuscules - souvenirs, anges ou démons - qui le motivent ou le hantent. Est-il un fou ? Ou le sage qui déchiffre la folie des autres? Son investigation sur la violence et le sacré va l'amener à la rencontre dont nous rêvons tous ...

          - Ce que j'en pense -

Eric-Emmanuel Schmitt confie les rênes de son histoire à un narrateur, Auguste Trollier, personnage au parcours difficile. Stagiaire au journal local, il est exploité par son patron. Solitaire et sans ressources, il squatte chaque nuit une usine désaffectée pour se mettre à l'abri. Orphelin à la sensibilité très particulière, il a appris à vivre avec un don unique, celui de voir les morts. Un don, à double tranchant, qui l'éloigne de toute forme de sociabilité. Qui peut croire à son don à part lui-même? La peur de paraître fou rythme au jour le jour chacune de ses relations.

Puis l'évènement tragique arrive, l'attentat place Charles II à Charleroi va venir bouleverser la vie d'Auguste. Quelques secondes avant l'horreur il croise le kamikaze et son mort. Ce n'est qu'après l'explosion qu'il fait le rapprochement entre ce qu'il a vu avant et ce qu'il vient de se produire. Il décide de mener l'enquête au péril de son secret. Le kamikaze a-t'il été influencé par cet "esprit" qui l'accompagnait ? A-t'il répondu à la volonté de Dieu ? L'investigation d'Auguste va prendre une tournure mystique, voir spirituelle. Il s'interroge sur la place de l'Homme par rapport à Dieu, la place de Dieu par rapport à l'Homme? Les esprits influencent-ils nos actes ? Sommes -nous complètement maître de nous mêmes ? Existe-t'il la possibilité qu'un autre facteur puisse nous diriger ?

Certainement influencé par l'actualité, Eric-Emmanuel Schmitt se sert de cet attentat comme prétexte à une réflexion mystique et philosophique. Les thèmes de Dieu, des religions, du lien entre la violence et le sacré, du mystère des comportements, sont alors abordés entre les différents protagonistes au risque parfois de faire traîner le discours un peu en longueur. Eric-Emmanuel Schmitt s'introduit lui-même dans sa narration et poursuit son exploration spirituelle, celle qu'il avait entamé dans son roman précédent La nuit de feu.

J'ai eu un coup de coeur tout particulier pour le personnage de la Juge Poitrenot. Une femme haute en couleur, originale, au caractère bien trempé et au sens de l'humour décapant et absolument jubilatoire. Elle va pousser Auguste dans sa réflexion la plus profonde mais va également donner un peu de légèreté au récit jusqu'à casser le rythme tragique du personnage principal.

Ce roman nous incite à découvrir et à redécouvrir les textes sacrés, de la Bible au Coran, de l'Ancien au Nouveau Testament. Un livre qui tend au questionnement sans véritablement apporter de réponses "toutes faites". Je pense que l'auteur compte ici sur l'intelligence de ses lecteurs, il nous pousse à la réflexion et espère que nous trouvions les réponses en fonction de notre vécu, de notre éducation, de notre rapport au sacré et à la religion.

Loin d'être obscur, c'est un roman qui fait preuve d'une grande originalité !!

 

Auteur: Eric-Emmanuel Schmitt

Editeur: Albin Michel

Genre: roman contemporain

Parution: septembre 2016

Pages: 421.

ISBN: 9782226328830.

Prix: 22€.

Crédit photo couv - The Lady and the Black Cat - Mars 2017.